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 Sujet du message: NooChronique : Les nefs d'Orichalque
UNREAD_POSTPosté: Mar Aoû 07, 2012 8:38 pm 
NooFondateur
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Inscription: Mar Jan 09, 2007 3:21 am
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Petite nouvelle d'été.

Bonjour, vous connaissez les fameuses "fictions biographiques" à la mode en littérature générale, et bien je vous propose une nouvelle de "Science-Fiction Biographique" que j'avais déja esquissée en 2002 sur la liste SFFranco, et que je viens de plus ou moins finaliser suite à un échange sur le réseau social FB avec Alexandre Girardot http://festivalsf.longshucorporation.org/ relatif à l'évolution de la radio-activité nippone... :-)

Plusieurs versions sont en ligne, 
sur le web sur le forum des noonautes ici 
http://noozone.free.fr/noocrypte/viewtopic.php?f=16&t=7176

Sur FB ici : https://www.facebook.com/notes/yann-minh/les-nefs-dorichalque-de-quistinic/10151004004788149

en google doc ici
https://docs.google.com/document/pub?id=1MMAQuOPJCAXN8fNrs8T5ii7nOY6KTkgsQcX3eOQ4sHc
et dans le corps de texte ci dessous.


-------------------------
Les nefs d'Orichalque.

Il y a 6515 ans, par une nuit pluvieuse et froide, plusieurs nefs naufragées en provenance d'un empire interstellaire sur le déclin se sont désintégrées à la verticale de l'île de Groix en Bretagne, et leurs structures composées d'essaims de nanomachines métamorphes se sont dispersées dans l'atmosphère sur une distance de cinquante kilomètres. Emportées par les intempéries les nanoentitées se sont infiltrées dans le sol et ont commencé une longue et lente pérégrination souterraine pour se rejoindre à mi chemin, dans une vallée fluviale située dans la région de Quistinic. Activés, les essaims ressemblent à de l'eau, mais dans certaines circonstances ils peuvent durcir et s'illuminer d'une légère aura dorée qui a donné naissance au mythe de l'Orichalque.

Il y a quarante ans, mes parents, dans des circonstances étranges qu'il serait trop long de détailler ici, firent l'acquisition d'un ancien moulin à eau situé sur un site templier et uranifère surplombant la gigantesque nappe phréatique qui servait de refuge aux vaisseaux extra-terrestres pendant leurs reconstitutions séculaires.
Les pierres du moulin, sans doute héritées d'une commanderie installée dans le village de Locunolé (47°54'1.56"N 3°10'28.06"O) et démantelée au dix-neuvième siècle portent encore gravés des signes occultes indiquant l'emplacement de trésors cachés, comme une étrange croix potencée dont une anomalie de la branche inférieure montre que le secret se trouve en direction du bas vers la droite...

Image


A un kilomètre à vol d'oiseau du moulin, à proximité du hameau de Mané Mabo (47°54'24.58"N 3° 9'2.03"O), subsistait les vestiges d'une ancienne carrière d'uranium dont le puits principal atteignait le bras nord de la nappe souterraine.
La présence des essaims de nanorobots extra-terrestres conférait à cette nappe d'eau des pouvoirs particuliers que connaissaient les templiers installés dans la région, mais les puits d'accès qu'ils avaient creusé ont été fermés après la révolution française. (Scellement caractérisé par deux grandes dalles de pierre carrées côte à côte comme celles qui gisent dans la cour devant la ferme de Poblaye Ardran (47°54'32.55"N 3°11'2.18"O)

La présence des vaisseaux d'Orichalque se reconstituants en sous-sol provoquait des événements étranges dans la région. En particulier, les habitants d'un village appelé St-Yves prirent il y a deux siècles les premières prises de contact télépathiques et kinesthésiques des vaisseaux pour une malédiction diabolique et ils enterrèrent leur village en entier pour le rebâtir quatre kilomètres plus loin.
Le site de l'ancien village s'appelle "le vieux St Yves", (47°55'45.18"N 3° 9'20.06"O) et y subsiste un gigantesque et mystérieux Tumulus dissimulé par la végétation, dont l'état français interdit toujours aux paysans de cultiver à proximité.
Les phénomènes paranormaux étaient tellement fréquents autour de la zone de reconstitution des nefs d'Orichalque que le curée du village de Quistinic, un des rares prêtres exorciste officiel de l'église catholique était sollicité en permanence pour chasser les démons hantant les campagnes voisines.
Le moulin acheté par mes parents était situé à la verticale de la nappe, et, enfant, j'ai été "choisi" par les vaisseaux. Je pense que déjà passionné de SF j'avais sans doute l'ouverture d'esprit pour les "comprendre".
J’étais le seul à savoir, le seul à qui ils se révélaient.

C’était un vieux moulin à eau du siècle dernier, grande bâtisse de granit, à l’architecture austère et sobre de la Bretagne Sud. Mes parents avaient rénové la chaumière, qui servait de maison d'habitation, mais le moulin en lui même était resté tel qu'à son achat. Pour rejoindre le point de contact établi avec les nano-essaims, je devais d’abord traverser l’obscurité humide et froide du rez-de-chaussée sans fenêtres encombré de formes indistinctes qui ne se révélaient que progressivement à l’oeil ébloui par l’écrasant soleil d’été.
La fraîcheur humide de l’antre préfigurait le vestibule d’un temple initiatique. Sur la gauche, comme un totem érigé à la gloire de rites barbares, trônait le pressoir à pommes, J’étais fasciné par ce monstre médiéval tapi dans l’ombre. Dressée au centre du large plateau de chêne, une épaisse vis en acier rouillé de deux mètres de haut guidait la masse de bois qui servait à écraser les fruits. Sur la droite, immobiles, figées dans une attente menaçante, les larges roues des engrenages semblaient guetter l’imprudent qui oserait s’aventurer entre leurs entrelacs rouillés pour le happer et le broyer inexorablement.
Du premier étage, un escalier étroit et raide permettait d’accéder au sanctuaire des pensées sublimes : le grenier.
La machinerie de bois reposait sous un linceul centenaire de poussière de farine. Au fond, juste éclairé par le faisceau de lumière transperçant la lucarne, campait le vieux treuil trapu qui servait à soulever les meules du premier étage. Allongé à même le plancher, immobile sous la charpente, je savourais la chaleur des faisceaux solaires qui dessinaient des cercles brûlants sur ma poitrine.
La rémanence fragile des nanoparticules d'Orichalque rôdait autour de moi. Progressivement, l’âme secrète, captive, suintait hors du granite, et s’emparait de mon esprit distillant son message subliminal, leur programmation secrète dont une seule information était accessible à ma conscience : Les nanoessaims m'incitaient à me rendre sur le site de la carrière d'uranium abandonnée de Mané-Mabo.

La carrière de Mané Mabo ressemblait à une ville fantôme de western. C'était un hameau abandonné de baraques dévorées par la végétation et érigées au sommet d'une colline venteuse.
Image

Des rails rouillés supportaient encore quelques vieux wagonnets qui servaient à déverser les caillasses au pied d'une falaise artificielle dominant la vallée. Au centre trônait un derrick en bois dont les chaînes cliquetaient avec le vent, conférant à cet endroit désert une atmosphère d'outre monde post apocalyptique.
Malgré mon appréhension, poussé par le message, j'ai contourné la vieille pompe à essence qui dressait ses globes de verres à l'entrée de la carrière, pour me rendre vers la plateforme en bois suspendue au centre du derrick.J'ai agrippé les chaînes et, cm par cm, je suis descendu dans les ténèbres jusqu'à ce que la plate-forme s'enfonce dans l'eau qui noyait la dernière galerie.

La dernière image dont je me souvienne, est celle de filaments iridescents convergeant sous l'eau vers moi, illuminant les parois de scintillements bleus et oranges, qui déroulaient leurs volutes entre des constellations de points lumineux semblables à des étoiles souterraines. Beaucoup plus tard, j'ai revu cette caverne dans un dessin animé de Miyazaki, et je me suis dit que lui aussi connaissait l'existence des vaisseaux d'Orichalque.

Je ne sais plus comment je suis sorti de la, ni ce qui s'y est passé
.Je me suis réveillé au moulin dans le petit lit breton hérité de ma grand-mère, fiévreux et délirant, avec des ampoules ouvertes aux mains, et sans aucun souvenir de tout cela.

C'est quelques semaines plus tard, que la mémoire m'a été rendue.

J'étais à l'école, et c'était l'hiver.
Je somnolais pendant la première classe en regardant les étoiles du matin à travers les baies vitrées.

Soudain tout m'est revenu : les "messages", la carrière, les lumières sous l'eau, en même temps que se matérialisait à contre jour sur le firmament une immense forme lenticulaire translucide, traversée de filaments bleus nacrés.

C'était une des nefs d'Orichalque. Ils repartaient et ils me parlaient .Ils me disaient au revoir et me remerciaient.
Je ne pouvais pas comprendre, mais j'avais été nécessaire pour qu'ils puissent achever leur reconstitution et regagner les espaces intersidéraux.

Leurs "pensées" était chaleureuses, comme une délicate caresse mentale bienfaisante.Le vaisseau s'est évaporé avec la sensation de leur présence.J'ai pleuré en silence en regardant l'aurore estomper les astres dans les camaïeus de bleu et de rose mystique d'un poème de Baudelaire que le "Maître" commençait à nous lire :

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.


Yann minh, NooContacté.
http://www.yannminh.org
Nouvelle de "Science-Fiction Biographique" esquissée sur la liste SFFranco le jeudi 4 avril 2002 et finalisée ce mardi 7 aout 2012


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