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 Sujet du message: Texte pour Observatoire Nivea - Colloque Le corps en 2062
UNREAD_POSTPosté: Dim Jan 29, 2012 7:34 am 
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Texte pour le livret du colloque organisé par l'observatoire Nivea à la Gaité Lyrique en Mars 2012 http://www.gaite-lyrique.net/evenement/ ... oire-nivea

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viewtopic.php?f=16&t=7148

Brouillon, en construction


Le corps cyberesthesique.
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En 1998, au travers d'échanges sur le news group usenet Frasf, j'ai proposé pour remplacer les termes d'artiste multimédia et de Cyberpunk (voyou cybernétique), le néologisme "NooNaute" dont j'aimais la métaphore marine poétique. Le noonaute est un explorateur au long cours de la noosphère, la sphère de l'information et de la spiritualité.
Dans cette navigation informationnelle noonautique, mon espace de prédilection est la sphère cybersexuelle, dont j'expérimente l'érotisme et la sensualité d'outils comme la photographie, la vidéo, le téléphone, le minitel, la télédildonique, l'internet, les réseaux sociaux numériques, les avatars dans les mondes persistants.
Les mutations sociales et cognitives générées par l'évolution des NTIC incitent à inventer de nouveaux termes, pour les baptiser de façon plus adéquate. Dans mon enfance, le terme "empathie" servait à la fois à décrire notre capacité à nous projeter dans les émotions d'autrui, mais aussi cette capacité à étendre nos proprioceptions aux dispositifs que nous utilisons comme l'automobile. Mais cette signification de l'empathie a disparue sans être remplacée.

"Aux commandes de nos nooscaphes informatiques, nous projetons les limites physiques de nos corps à tout le cyberespace. Nos fonctions proprioceptives se trouvent "augmentées" par l'usage de ces outils, qui étendent et amplifient nos capacités perceptuelles individuelles à l'échelle des réseaux sociaux numériques planétaires, renforçant une forme de relation "tactile" avec la cybersphère. Comme c'est la succession de tous les points d'impacts de la matière sur la peau qui nous donne la sensation de lisse ou de rugueux, cʼest la succession de tous les points d'impacts de l'information sur notre psyché qui nous donne la sensation du monde. Grâce à la popularisation des retours de force haptiques, E-Stims, électro- mécaniques, connectés au réseau internet, les interactions avec la cybersphère ne sont plus seulement textuelles, acoustiques et visuelles, mais elles deviennent aussi physiques, sensuelles, sexuelles.
L'empathie, dans son sens actuel est "augmentée" par l'usage de ces outils, qui étendent notre sensualité à l'ensemble du réseau numérique par un processus que j'appelle "Cyberesthesie". « La sensualité cybernétique » au travers des réseaux numériques planétaires, nous permet de faire lʼamour avec lʼhumanité connectée et par feed-back cyberesthésique de ressentir dans notre chair ses caresses, comme ses morsures. " Extrait de l'article de Yann Minh pour la Revue du Cube sur l'empathie (2011).
http://www.cuberevue.com/author/yannminh

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J'ai donc forgé ce néologisme : Cyberesthesie, pour à la fois nommer notre groupe de création numérique ( http://www.cyberesthesie.com/ ), mais aussi pour décrire les interactions physiques et sensuelles que nous développons avec l'immatérialité du cyberespace.

Le groupe cyberesthésie est un peu l'équipage d'un nooscaphe à bord duquel nous explorons ces nouveaux territoires émotionnels ouverts par l'évolution des technologies. Silvie Mexico est une noopilote aguerrie qui s'est depuis longtemps aventurée dans les espaces de la sexualité connectée et/ou médiée par des outils, Soizic Hess, par ses créations, réflexions, expériences de vie explore en grandeur réelle et virtuelle les voies cognitives et physiques ouvertes par le manifeste du Cyborg de Donna Haraway. Pierre Clisson est une sorte de nooplongeur de combat, expert en cyberguerre, sécurité offensive et ingénierie sociale et qui intervient depuis une dizaine d'années auprès d'institutions gouvernementales et de grands groupes, Philippe d'Albret est un cyberaccousticien qui s'aventure dans les espaces sonores du corps biologique. À nous cinq nous partageons une expérience des sensualités réelles et virtuelles qui nous ont menés à bord de notre nef cyberesthésique vers les confins immatériaux de la cybersexualité.

Nous poursuivons une exploration de l'esthétique cybernétique commencée il y a 20 ans avec mon installation media ØØØ. Car il y a une esthétique de la cybernétique, qui confère un sens au dispositif lui-même, indépendamment du contenu véhiculé ou émis. Comme dit Marshall Mac Luhan, "le message c'est le medium".
Pour moi, l'art, dans une vision cybernétique est, comme la science, un des plus hauts niveaux de traitement de l'information de l'humanité. Au travers d'une pratique de l'art numérique, je vais à la rencontre, avec le groupe cyberesthésie, des nouvelles limites de la symbiose homme machine provoquées par l'évolution des NTIC, en particulier dans le domaine de la sensualité érotique qui se retrouve augmentée par la connexion du corps aux réseaux numériques.
Nous sortons de la narcose narcissique provoquée par l'usage d'outils puissants lorsque nous atteignons les limites de nos capacités cognitives et physiques augmentées par la symbiose homme/machine, et la démarche artistique est une façon de se confronter à ces limites par la représentation, la simulation esthétique, scénographique, performative.

La salle des machines de notre vaisseau d'exploration est équipée de plusieurs systèmes de propulsion interconnectés, traditionnels, expérimentaux, originaux.
Le coeur du vaisseau est à base de micro-ordinateurs connectés en réseau, sur lesquels viennent se greffer des dispositifs à vocation cyberesthésique qui permettent des interactions physiques avec le cyberespace, en particulier au travers du cybersexe.
C'est une pratique cybernétique qui favorise le développement d'un répertoire émotionnel et sensuel spécifique et que nous avons formalisé dans le domaine artistique au travers des performances artistiques du groupe, présentées à la Demeure du Chaos, et au Totem à Nancy l'été 2011.

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L'EXISTENCE AUGMENTÉE
Du fait de sa symbiose originelle avec ses outils, l'humain a toujours été "augmenté". Les vêtements, sont des outils, qui augmentent l'humain d'une protection contre le froid, et les blessures, mais ce sont aussi des outils informationnels, des parures qui émettent des signaux esthétiques, érotiques, sociaux. Comme le téléphone portable, les vêtements des origines jouaient déja un rôle synchronisation sociale, de lien social, de construction existentielle et identitaire.

Les mondes persistants, les réseaux sociaux numériques sont des outils, qui, par les qualités immersives de plus en plus "réalistes" de leurs dispositifs matériels, et logiciels, permettent de générer un espace perceptif et sensuel riche qui augmente, amplifie, étend notre relation existentielle au monde et aux autres à l'échelle planétaire.

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LA NOODIVIDUATION ou la conquête des nouveaux nooterritoires.
L'usage quotidien, ou ne serait-ce que fréquent de cette nouvelle palette technique, favorise la naissance d'aptitudes cognitives et physiologiques spécifiques, que je désigne sous ce néologisme de cyberesthesie, et qui préfigure ce futur où nous serons sans doute plus sollicité au quotidien physiquement et spirituellement par l'immatérialité noosphérique que par la matérialité du monde physique.
En entretenant des relations sociales en temps réel avec d'autres humains par l'intermédiaire d'avatars numériques, nos "golems" de pixels génèrent une forme de pluralisme identitaire. En autorisant des relations sociales et émotionnelles fortes et structurantes dans une société dématérialisée, et sous une forme différente de notre apparence physique, les avatars favorisent la dividuation, c'est à dire la genèse, ou révélation des différentes identités qui forment notre "moi". L'individu étant vu dans mon propos, comme la somme des différents dividus qui composent notre identité.

Les cyborgs de pixels que sont les avatars des réseaux sociaux numériques en 2D et 3D temps réel, nous permettent d'explorer une sociabilité et une sensualité virtuelle, affranchie des déterminismes physiologiques comme l'apparence physique, mais aussi le genre. Ainsi, grâce à cette sociabilité dématérialisée dans les réseaux sociaux numériques, nous pouvons expérimenter en grandeur "virtuelle" la pertinence de la théorie Queer des Gender Studies, popularisée par le Manifeste du Cyborg de Donna Harraway, où le genre est distinct du sexe.

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L'AUGMENTATION NARCOTIQUE
L'avatar s'inscrit dans la tradition multimillénaire de la créature artificielle, qui nous renvoie à nous même, et nous donne des éléments de réponse à la question fondamentale : qui suis-je ?
Lorsque, après un usage intensif de ce nouvel outil offert par l'évolution de la modernité que sont les mondes persistants avec leur population d'avatars, nous sortons de cet état de torpeur cybernétique que Marshall Mac Luhan appelle la Narcose Narcissique, nous nous retrouvons confronté à une nouvelle définition de l'humain, (en attendant le prochain paradigme qui la remplacera). Comme l'explique Philippe Breton dans son livre l'Utopie de la communication, le dernier millénaire a vu le passage d'une vision mécaniste simpliste, de l'humain "horlogerie" de Descartes, à l'humain informationnel de Norbert Wiener, et dont, pour moi, le reflet emblématique est cet Avatar numérique, prolongement immatériel de notre corps dans un espace social tout aussi dématérialisé .

Mais à la différence des trops simples robots contemporains héritiers des automates du dix-huitième siècle dont, pour l'instant la maladresse cognitive et mécanique rassure, au contraire, les sociétés dématérialisées d'avatars, en nous proposant un reflet de nous même démultiplié dans une infinie variabilité identitaire et sociale, affranchie des contingence imposée par le monde physique et les règles sociales, nous confrontent à une multiplicité existentielle et identitaire angoissante de complexité.
Les créatures artificielles immatérielles de ce début de vingt et unième siècle nous renvoient l'image d'une humanité plus diversifiée, sophistiquée, mystérieuse, et paradoxalement encore plus libre.


NOOFEED-BACK DE L'IMMATÉRIALITÉ VERS LA MATÉRIALITÉ
Par feed-back, il faut se préparer à une noocontamination du cyberespace vers la matérialité, dont les outils haptiques et télédildoniques ne sont que les prémisses. Ainsi les Nekos, Furries, Shemales, androgynes, anges, démons, transgenres, hybrides, cyborgs, chimères des mondes virtuels se "matérialiseront" par des costumes, implants, hybridations, tatouages, maquillages, greffes, bodymodifications, postures, comportements et revendications sociales et identitaires.

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Les membres de Cyberesthesie.com :
Yann Minh : http://www.yannminh.org
Silvie Mexico : http://www.labo-clax.com/
Soizic Hess : http://soizic-hess.com/
Pierre Clisson : http://clisson.net/
Philippe d'Albret : http://philippe-dalbret.com/



http://www.yannminh.org/french/Ind-Cybe ... e-010.html

ETYMOLOGIE
Cyber Esthesie, Cyber = Cybernetique, qui vient de Kubernetike, l'art de piloter le navire, utilisé par Platon comme métaphore pour décrire l'art de diriger la cité, mais c'est surtout son utilisation par le Mathématicien Norbert Wiener entre 1942 et 1948 pour désigner sa "science du commandement" et ses applications dans les domaines de la robotique et du vivant qui donnera le sens actuel du terme...
En gros, peut être considéré comme "Cyber" tout organisme ou système, ou artefact qui établit un processus de "rétro-action" dynamique avec son environnement (feed-back) via traitement informationnel... nous sommes donc tous des organismes cybernétiques...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cybernetique

Esthésie = aptitude a percevoir des sensations...
Un dispositif comportant un système d'immersion virtuel, une souris haptique, des télédildos, des E-Stims sont des dispositifs cyberesthesiques… car ils permettent de restituer à l'utilisateur, outre les sensations auditives et oculaires traditionnelles, des sensations physiques...

LA SALLE DES MACHINES DU NOOSCAPHE DE CYBERESTHESIE
La souris haptiques qui restitue les sensations tactiles de lisse ou rugueux, les chocs, la dureté, le poids et la masse des objets virtuels manipulés.
L'EEG (Brain computer interfaces ou interfaces neurales directes ) qui permet d'interagir avec des dispositifs informatiques via la pensée.
Les E-Stims en réseau, qui permettent de recevoir des stimulations électriques depuis les mondes persistants et les FPS.
Les télédildos, qui permettent de recevoir des stimulations sexuelles depuis les métaverses.
Les vestes haptiques, qui permettent de recevoir sur le corps des chocs synchronisés avec des événements dans le cyberespace.
Les simulateurs de mouvement sur vérins à 3 ou 6 degrés de liberté. (6 DOF)


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Dizayn Ercan Koc