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 Sujet du message: Meurtre en Extropia , NøøRévolution positive 12/05 au CUBE
UNREAD_POSTPosté: Sam Mai 09, 2015 6:58 pm 
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Inscription: Mar Jan 09, 2007 3:21 am
Messages: 1158
Bonjour,

Chers amis et correspondants dématérialisés, un petit message pour signaler à vos avatars biologiques parisiens, ou de passage, que mon avatar biologique est invité à débattre de la « Révolution Positive » sur le plateau TV du Cube à Issy les Moulineaux, lors de la soirée de lancement La Revue du Cube #8 RÉVOLUTION POSITIVE / http://www.cuberevue.com/ , ce mardi 12 mai à 19h30. Revue pour laquelle j’ai écrit une petite nouvelle de SF d'inspiration Transhumano/Singularitarienne située dans la cosmogonie de mon roman Thanatos, Les Récifs : Meurtre en Extropia http://www.cuberevue.com/meurtre-en-extropia/4013

Pour la sortie de son 8ème numéro consacré au thème “Révolution positive”, La Revue du Cube invite à débattre sur son plateau la journaliste Isabelle Lefort(directrice éditoriale du Positif Book et du programme du Positive Economy Forum 2015 ( http://positiveeconomy.co/fr/ ), l’artiste transmedia Yann Minh (précurseur et explorateur des mondes virtuels, écrivain de science-fiction, réalisateur) et Maëva Tordo, co-fondatrice du NOISE (Nouvel Observatoire de l’Innovation Sociale et Environnemental), directrice de l’incubateur Blue Factory de l’ESCP Europe. http://www.the-noise.org/
L’émission sera ponctuée par le chronique de Françis Demoz qui a rencontré l’ONG « Électriciens sans frontières ».
Une émission préparée et animée par Nils Aziosmanoff et Rémy Hoche.

À suivre en public au Cube, en direct sur le Net et en Live-Tweet sur @lecubetwit #CubeRevue

L’édito de Nils Aziosmanoff sur le sujet de la « Révolution positive » est lisible ici.
http://www.cuberevue.com/revolution-positive/3897


Citation:

Alors, comme d’habitude lorsque je suis invité à participer à un colloque, ou un débat, je prépare en amont les réflexions que je souhaiterais aborder, ou pas, selon le contexte…
Donc voici ce que je pense évoquer ce soir...




----------------------------
Ma nouvelle de SF Meurtre en Extropia est une métaphore, qui s’inscrit dans la continuité de Brazil de Terry Gilliam avec son ministère du recoupement kafkaien, ou le film 2001 l’odyssée de l’espace de Kubrick, avec son robot assassin et manquant pas mal de discernement HAL. ( anagramme par permutation des lettres IBM)

Dans un futur transhumaniste extropian, à la Max More, et à la Natasha VitaMore, mon inspectrice de police transgenre Leslie, enquête sur une mort suspecte dans une mégalopole écologique autosuffisante, où l’intelligence artificielle qui administre la cité semble éliminer certains de ses habitants. <a>http://www.cuberevue.com/meurtre-en-extropia/4013</a>

La créature artificielle a toujours été un reflet déformé de nous même et de nos sociétés, c’est une forme de théorie de l’esprit à l’échelle de notre intelligence collective, où, par feed-back métaphorique, nous mettons en scène de façon caricaturale grandiloquente et ludique les dérives sociales ou individuelles de notre époque.
Ainsi, comme une administration fascisante, où la raison d’état prime sur le destin des individus, l’intelligence artificielle Andromède, qui gère l’équilibre énergétique de la néométropole Extropia, se met à éliminer les gens qui ne respectent pas ou perturbent ses quotas écologiques.
C’est une métaphore de notre administration, qui s’est “robotisée”, dans le sens mécanisée, déshumanisée, c'est à dire qu'elle a perdue des attributs fondamentaux du vivant, qui sont la flexibilité, la versatilité, l'auto-adaptativité... mais aussi le discernement, l'empathie, l'altruisme...

Comme la plupart des auteurs de SF, Terry Gilliam, dans un documentaire TV que j'avais réalisé pour Arte https://www.youtube.com/watch?v=pRo6Bjgdzpw dit que son film Brazil, ne parle pas du futur, mais d'ici et maintenant. J'ai tendance à penser que ce ne sont pas seulement les films de SF qui sont des métaphores décrivants notre propre époque, mais aussi les prospectives contemporaines, comme le transhumanisme, la singularité, les théories d'économies collaboratives, ou de ressources ou travail partagés. Comme les oeuvres de SF, ces spéculations expriment des préoccupations non seulement contemporaines, mais qui existent depuis l'aube de l'humanité et qu'on peut retrouver dans nos mythes les plus anciens, qui décrivent non pas des événements ayant existé, mais expriment des tropismes cognitifs individuels et collectifs fondamentaux que nous nous efforçons de réaliser. Comme par exemple celui d'une société affranchie du pouvoir de l'argent, dont les habitants pourraient subvenir à leurs besoins fondamentaux sans être obligé de travailler pour autre chose que leur propre réalisation. (cf l'usage de l'or dans l'utopie de Thomas More, les ilotes à vapeur de Théophile Gautier).

Les mutations actuelles générées par l'évolution des TIC, qui tendent à favoriser à une échelle planétaire des processus généreux et vertueux, de partages de ressources, de travail, d'outils, sont, comme la conquête spatiale, ou la quête d'immortalité, l'expression de mythes, ou tropismes anciens fondamentaux, dont la concrétisation est favorisée par le développement des technologies de communication en réseau. Un peu comme Richard Dawkins, inverse la relation à l'information, qui est perçue comme vivante au travers de son concept de mémétique, tout comme à l'opposé de l'athéisme militant de Dawkins, le prêtre jésuite Teilhard de Chardin spécule une Noosphère comme une entité métaphysique, les objets connectés, avec leurs intelligences embarquées, sont la matérialisation en grandeur réelle des mythes animistes, où les objets et les lieux sont habités par des entités métaphysiques.
Pour moi, d'un point de vue artistique, je perçois les évolutions contemporaines, non pas au travers d'une éventuelle remise en question d'outils économiques comme le capitalisme, mais plutôt comme l'émergence en réel d'idée, de concepts qui auparavant ne pouvaient exister que dans les sphères imaginaires de la mythologie, ou plus récemment de la Science-Fiction. Bref, quelque soit l'orientation économique, religieuse, philosophique des nations humaines, elles développeront une recherche spatiale, des réseaux de communication à grande échelle, des réseaux sociaux numériques, des technologies médicales sophistiquées... ce sont des processus collectifs qui sont portés par des tropismes, des flux informationnels présent je pense dans la structure même du vivant dès ses origines...

Cyberpunk
Je me définie comme un cyberpunk en grandeur réelle. Il y a 40 ans, pour aboutir mes oeuvres je piratais les studios de télévision, et les premiers logiciels de créations numériques. Et effectivement, déja à cette époque, pour redonder un peu avec le discours de Jérémy Rifkin, je produisais des oeuvres à coût zéro en hackant les systèmes de production. Entre cyberpunks nous nous retrouvions la nuit dans les studios pour squatter les installations, et l’artiste vidéo Hervé Nisic avait ainsi nommé sa société de production Ex-Nihilo, pour caractériser le fait que ces productions hackées ne coûtaient rien…( bien sur, en occultant le fait que nous pirations le hardware qui vaut une fortune et n’a pas de coût zéro.)

Cyberpunk signifie littéralement voyou cybernétique, mais les plus grands voyous cybernétiques ce ne sont pas nous, les artistes, ou les anonymous, les plus grands voyous cybernétiques, ce sont les grandes entreprises, et les grandes institutions.

Pour le sociologue américain Edward T.Hall, Les grandes institutions ont toujours tendance à remplacer leurs vocations d’origines par une vocation propre.
Par exemple, gérer le don du sang pour sauver les gens, et finalement les tuer en privilégiant une vocation propre économique et administrative.
En ce moment, des institutions qui ont pour vocation d’origine d’aider et soutenir les gens, sont en train de les tuer, ou les rendre malades.

Une économie du partage, ou collaborative, qui relie les humains horizontalement au travers de processus économiques collectifs partagés vertueux et généreux existe depuis longtemps, ça s’appelle la sécurité sociale, la santé, la retraite, l’éducation, l’allocation chômage.

Au travers des polémiques générées par les prospectives transhumanistes, on débat si c’est éthique d’augmenter l’humain ou de prolonger la vie, ou si les intelligences artificielle vont ou non supplanter l’humain dans l’évolution, mais je pense qu’il est surtout urgent de s’occuper d’augmenter nos système administratifs afin, non pas qu’ils deviennent encore plus performants, mais juste qu’ils fonctionnent correctement.
On débat de l’éventualité de dématérialiser l’humain sous forme de datas, alors qu’on est toujours incapable de mettre en place des systèmes informatiques de paye, ou de gestion des contribuables, des chômeurs, des malades, qui fonctionnent sans provoquer d’exclusion, de dépression, d’accidents, de suicides...

-voir les coopératives agricoles bretonnes qui mettent en partage (entre autre les outils)... on peut imaginer l'apparition de coopératives énergétiques, ou informatiques, avec partage de ressources qui pourraient concurrencer les grands groupes capitalistes... (voir les coopératives de grande distribution comme Eroski, et Intermarché qui vont s'associer pour résister au groupes basés sur les structures de grand capital)


Il y a un décalage entre les espoirs offerts par les évolutions rapides du numérique et de l’informatique, et la misère et les archaïsmes de nos système administratifs français...

Le mot révolution proposé pour ce débat au Cube n’est pas anodin, ce n’est pas le mot évolution qui a été choisi, qui induit une continuité, une amélioration, non, révolution induit une inversion, un retournement…
Je suis pour une révolution positive, et en urgence, une révolution administrative, une révolution qui changerait le système administratif français, non pas pour que nous soyons à son service, mais pour qu’il soit à notre service.

Cela fait des années que sont dénoncés les archaïsmes et les iniquités des administrations de pole emploi, de la sécu, des urssaf, du RSI, des impôts... qui génèrent de l’exclusion, des dépressions, des suicides…C’est une boucle perverse, où un système collectif et vertueux de partage et d’entre aide fini par générer de l’exclusion, de la souffrance, de la précarité par dérive systémique.

En ce moment par exemple, le RSI, a mis en place une procédure informatique qui capte automatiquement les adhérents du régime général qui ont la mauvaise idée de déclarer une seconde activité en parallèle à leur activité salarié…
Et pour pouvoir de nouveau être affilié au régime général, il faut passer par des semaines de procédures administratives qui n’aboutissent pas. C’est du temps, de l’énergie individuelle perdue à grande échelle qui pourrait être employée à autre chose de plus constructif que de se battre contre les moulins a vent administratifs… et c’est une des première chose qu’un gouvernement progressiste et à vocation “sociale” aurait du s’employer à moderniser, voir révolutionner.

“Ils vous on pris madame, ils vous ont pris… “ c’est ce qu’ont formulé les employés impuissants de la sécu générale à une amie qui se trouve en ce moment dans cette situation ubuesque où elle s’est littéralement fait kidnappée par une administration concurrente.

Dans un documentaire sur les robots que j’avais réalisé au siècle dernier pour la cinquième et la cité des sciences, https://www.youtube.com/watch?v=3X1-SQivL54 le directeur de recherche Philippe Coiffet expliquait qu’un robot industriel, pour être efficace, doit être flexible, auto adaptatif, et versatile, et effectivement, les machines tendent progressivement, grâce aux progrès en intelligence artificielle à devenir flexibles, auto-adaptatifves, et versatiles… mais inversement, comme s’il y avait un processus de vases communicants, ou de mimétisme pervers, les humains travaillant dans les institutions sociales sont progressivement obligés d’abandonner ces qualités cognitives, pour devenir des sortes d’exécutants impuissants… moins efficaces que des robots.

.../…
----------------------------------








Et si vos avatars biologiques désirent nous rejoindre dans ce haut lieu de la cyberculture contemporaine qu’est le Cube d’Issy-Les-Moulineaux, n’hésitez pas à les conforter, les soirées du Cube sont très agréables.

Plus d’infos sur mon roman qui est dispo sur google play, http://www.yannminh.org/french/IndRomans.html

Et quelques une de mes réflexions sur notre futur au travers des pages consacrées à ma nouvelle de SF Egregore 2050 http://www.yannminh.org/french/TxtEgregore2050-010.html paru dans le numéro 15 magazine de SF Galaxie que vous pouvez commander ici en version papier http://www.galaxies-sf.com/achat_numero.php


A bientôt, au plaisir de vous retrouver dans le monde physique ou dans l’immatérialité numérique… :-)

Yann


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